Je me surprends toujours un peu à juger les gens. Juste un peu… Histoire de me rassurer, de me convaincre. Être sûr que je ne suis pas un alien-né et que, pour plusieurs raisons inventées de mon cru, JE SUIS UN EXEMPLE INDÉNIABLE DE BON SENS, DE BON GOÛT ET DE RAISON. Voilà. Évidemment, le tout est toujours fait sans méchanceté, sans prétention aucune, et dans l’unique but de faire avancer notre société. Bien entendu. Mais personnellement, quelqu’un qui, pour démontrer tout son engouement et toute sa passion pour le retour de la saison de hockey, arbore fièrement un chandail du Canadien de Montréal lettré « Souray » ou « Théodore », ça me laisse un peu perplexe… Car même si l’intention derrière le geste est totalement pure, la réflexion le précédant semble à tout le moins douteuse. C’est comme si un partisan de Boston enflammé portait encore un chandail « Raycroft » ou pire « Gill »…
Maintenant cette réflexion faite, et asteure que la montée de lait s’est apaisée, passons aux choses sérieuses. Car, toujours dans cette optique de vous offrir la meilleure critique informative qui soit, analysons ensemble les surprises et les déceptions du camp d’entraînement du Tricolore à ce jour.
Au-dessus des attentes:
David Desharnais: La fierté de Laurier-Station aura fait taire ses dénigreurs et aura démontré une fois de plus que « l’hobbit ne fait pas le moine ». Car après avoir brûlé la LHJMQ et la East Coast League, Desharnais a fait écarquillé bien des yeux l’an passé à Hamilton, lui qui a amassé 58 points en 77 matchs. Et le « foulage d’œil » se poursuit depuis deux semaines alors que le jeune homme continue de faire preuve d’acharnement et de persistance. Son niveau de jeu est maintenant très près de la Ligue Nationale. Demandez-le à Zdeno Chara qui a eu l’air d’une borne-fontaine, dimanche passé au Colisée Pepsi de Québec… Une rétrogradation aux allures de promotion pour le centre de 5’6’’, lui qui pourra jouir d’un énorme temps de glace à Hamilton. Décidemment, un développement à suivre.
Ryan O’Byrne: Malgré que certains partisans ne lui aient pas encore pardonné sa bévue de l’an passée, Ryan O’Byrne semble déterminé à faire amende honorable. L’imposant défenseur semble étonnamment à l’aise, ses passes et ses mises en échec reflétant au moins le double sinon le triple de l’assurance de l’an passé. Possible 7e défenseur au début du camp, O’Byrne bataille maintenant pour un poste régulier dans la brigade défensive de Jacques Martin. S’il peut maintenir la cadence, ce colosse droitier de 234 lbs pourrait brouiller les cartes et même nous faire oublier un certain Mike Komisarek…
Mentionnons également Ben Maxwell, Eric Nielsen, Ryan White et André Benoît.
Égal aux attentes:
Brian Gionta: Même si on attendait beaucoup du diminutif ailier droit, Gionta continue de livrer la marchandise lui qui a maintenant amassé 2 buts et 3 passes jusqu’à maintenant. Sa vitesse électrisante, sa fougue et sa détermination font de lui un leader au sein de cette équipe en reconstruction et le poste de capitaine semble de plus en plus à sa portée.
Mathieu Carle: N’ayant jamais pu démontrer l’étendu de son talent pour cause de blessures, Mathieu Carle voit enfin l’opportunité de justifier sa sélection (choix de 2e ronde en 2006, 43e au total). Il patine bien, effectue une bonne lecture du jeu, et sait bien quand appuyer l’attaque. Sa prestation au camp pourrait attirer les dépisteurs des autres équipes, car je vous le rappelle, Carle avait demandé à être transféré à la date limite des échanges l’an passé.
Mentionnons également Jaroslav Halak, Andrei Markov, Scott Gomez, Mike Cammalleri et Maxim Lapierre.
En dessous des attentes:
Josh Gorges: Ce camp aurait du en être un de routine pour Josh Gorges. Pourtant, l’assurance dans sa prise de décisions et son étanchéité en défensive ne semblent pas être au rendez-vous cet automne. Assuré d’un poste depuis le début du camp, Gorges pourrait perdre d’énormes minutes de temps de glace si son manque d’acuité est combiné à l’essor d’un autre défenseur. Le départ de son mentor et bon ami Francis Bouillon pour Nashville a peut-être miné le moral de ce jeune vétéran, mais une chose est sûre, il doit profiter des derniers matchs préparatoires pour consolider sa place dans la formation montréalaise.
Carey Price: Je suis assurément de ceux qui croient que Carey Price est l’avenir de la Sainte-Flanelle et que nous nous devons d’être indulgents à son endroit. Je crois par contre que s’il désire raffermir son poste de gardien numéro un et jouer 60 matchs, Carey doit démontrer plus de caractère. Après une saison morte d’entraînement intensif et de ressourcement dans l’Ouest, je m’attendais à voir un gardien plus agressif entre les deux poteaux. Une bonne performance sur deux serait inacceptable dans son cas durant la saison régulière. Nous n’en sommes cependant qu’à la pré-saison et je suis sûr qu’il saura rebondir avec véhémence.
Mentionnons également les frères Kostitsyn, Matt D’Agostini, Guillaume Latendresse et Yannick Weber.
En bref, une bien belle occasion jusqu’à maintenant pour les partisans de constater les éléments en place. Vivement le 1er octobre et espérons que le Centre Air Canada de Toronto verra déferler sur lui une tempête bleu-blanc-rouge!
À plus les Amators de Speurs!
Goldfinger
